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Présentation historique de la commune

St Fulgent des Ormes est une très ancienne petite commune de l'Orne située aux confins du Perche et Saosnois.

Frogent, évêque de Sées en 752, est à l’origine du nom de la paroisse. On lui ajouta, vers 1830, le nom de la rivière des Ormes dont la vallée alluviale, tournée vers le Saosnois, limite la commune à l’ouest. Fertile, la terre était favorable à la culture chanvrière. Les fours à chanvre accompagnant certains corps de ferme témoignent de cette activité agricole qui perdura jusque vers 1960.

 

À l’est, le territoire vient buter contre le talus des collines du Perche. Le point culminant de la commune s’y trouve  : 120 m près des «Vignes». Une épaisse couche d’argile constitue l’assise de ce relief de «cuesta». Elle servit à alimenter la tuilerie du Tertre dont le four à trois couloirs de chauffe livra ses dernières briques en 1955.

 

Saint-Fulgent n’eut qu’un seul moulin à farine : le Moulin l’Évêque, disparu aujourd’hui. En 1686 on le dit «en chômage depuis quelques années»; il est vendu en l’an 1791 comme bien national. Il rappelait, avec le «Logis» du bourg, le souvenir de cette terre qui appartenait «de haute antiquité» à l’évêché de Sées.

 

Population : 164 habitants en 2006

En 2008 le conseil municipal arrêta le nom des habitants : les Ulmo-Frogentins

Superficie : 832 ha

 

1- L'église Saint-Fulgent

 Un if mâle* a été planté près de l’entrée de l’église, jadis entourée du cimetière. Son double tronc supporte un houppier masquant une partie de l’édifice. Cet arbre funéraire constitue le seul végétal d’importance dans la traversée du bourg dont le nom évoque une autre essence, devenue rare : l’orme champêtre.


On accède à l’église par un porche (fortement restauré) rappelant l’origine romane de l’édifice, confirmée par l’étroite et haute baie plein-cintre qui le surmonte. Sous la Renaissance, la nef a été agrandie de deux chapelles éclairées de fenêtres aux remplages flamboyants. Le chevet plat était percé de trois baies en arc brisé formant «triplet», du XIIIe s., probablement murées au début du XVIIIe s. lors de l’installation du maître-autel. Dans le chœur : maître-autel (début XVIIIe s. - Cl. MH) avec moyen-relief armorié** en terre cuite, «La Transfiguration», d’après Raphaël ; statues en bois doré de saint Godegrand et de sainte Opportune

Au mur-pignon de la chapelle sud, entre un contrefort d’angle et une fenêtre gothique, un cadran solaire a été peint en 1991, à l’emplacement d’un ancien.

* L’if est une essence dioïque : pied mâle et pied femelle poussent séparément. Seules les fleurs femelles donneront naissance aux arilles, sortes de baies charnues rouge vif contenant une unique graine, toxique.
** Offert par l’abbesse de Saint-Julien du Pré, au Mans, Catherine d’Aumont, morte en 1708, qui portait pour armes : «d’argent au chevron de gueules accompagné de sept merlettes de même, quatre en chef 2 et 2, trois en pointe 1 et 2».

 

 

2- Les fours à chanvre

Les terres de la commune, riches et profondes, étaient propices à la culture du chanvre. Sa production, attestée dans les baux dès le XIIIe s., montre l’importance accordée à cette plante que l’on «fait préparer et convertir en fil, et de ce fil, on fait des toiles». Encore fréquents aux abords des fermes, les fours à chanvre sont les derniers témoins d’une activité agricole ancienne qui s’est prolongée jusque vers 1960.

Plante textile épuisante pour le sol, le chanvre exigeait aussi de nombreuses façons culturales. Début septembre, après l’arrachage à la main, par poignées, les bottes de chanvre étaient mises une semaine à rouir dans une mare (rouisson) ou un ruisseau afin de faciliter la séparation des fibres de l’écorce. Venait alors un premier séchage à l’air libre, «en chapelles» sur du chaume. Les bottes étaient ensuite étuvées dans des fours. Le plus souvent cylindriques*, couverts d’un toit conique  aux tuiles en écaille, ils ont été construits pour la plupart dans la seconde moitié du XIXe s**.

Isolé, éloigné des bâtiments d’exploitation ou d’habitation par crainte de l’incendie, le four présentait deux niveaux. Dans la partie supérieure on entassait verticalement les bottes au-dessus d’un plancher métallique à claire-voie. En-dessous, la chambre de chauffe, accessible par une porte à demi-enterrée, était alimentée par une «corbeille» brûlant du coke. Le séchage, entre 50° et 60°, durait 24 heures. Une fois sec, le chanvre était broyé avec une braie à main ou une broyeuse mécanique (teillage) pour séparer les parties ligneuses (chènevotte) de la filasse. Le chanvre «teillé» était réservé aux cordages et aux toiles grossières ; le chanvre «peigné» servait à la confection de toiles plus fines, dites «de fil de brin», et à la fabrication de ficelles.

 

* On dénombre encore 15 fours à chanvre sur la commune de Saint-Fulgent ; les derniers construits sont de plan carré.

** Auparavant, le chanvre était mis à sécher dans des fours à pain ou dans des fours creusés dans un talus.

 

Dessins de Anne Froidevaux

 

 



Du terme latin ulmus qui veut dire orme

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